L’association

Le mot de la présidente Perrine Millet

La création du diplôme inter universitaire Prise en charge des violences faites aux femmes, vers la bientraitance, résulte d’un long cheminement au cours de ma carrière de gynéco-obstétricienne : j’ai petit à petit découvert sur les corps des femmes les traces visibles, vivantes de maltraitances anciennes ou présentes.

Ces maltraitances sont de tout type, verbales, physiques, psychologiques et bien sûr sexuelles. Celles-là en particulier sont passées sous silence dans nos formations alors même qu’elles sont très fréquentes et les plus violentes.

Intuitivement, en salle de naissance, lors d’accouchements je me suis aussi rendue compte que certaines femmes vivent un désastre physique et émotionnel. J’ai pressenti ainsi que l’irruption de la vie peut faire émerger autre chose  qu’un bébé. L’intensité du moment favorise la résurgence d’une histoire personnelle chargée.

J’ai découvert ce que nos confrères psychiatres et psychologues savent déjà, en particulier depuis les années 90. Les violences, et surtout les violences sexuelles, sont pourvoyeuses de stress post traumatique au même titre que la torture. Curieusement personne ne nous parle de la mémoire traumatique et de son inscription dans le corps, alors même que nous passons notre temps avec le corps et le sexe des femmes.

La décision de créer ce diplôme est née également de la volonté de briser le silence et la solitude des patientes mais aussi la solitude des soignants face à des situations déstabilisantes.

Notre manque de formation pour faire face aux maltraitances qu’ont subies les femmes nous empêche de les dépister, de les repérer et surtout d’ajuster nos soins, plongés dans le désarroi où nous sommes.

C’est ainsi que peuvent se surajouter des violences dans le soin, par méconnaissance. Mais pas uniquement. Je pense qu’il existe d’authentiques violences du soin « primitives ». Nous, soignants, bien que cultivés et formés, ne pouvons pas toujours nous extraire de notre propre histoire et de nos émotions. Nous ne sommes pas des « supers-humains ». Il y a pour moi une nécessité absolue que nous nous formions et tissions des liens interprofessionnels afin de ne pas rester seuls.

Ce DIU est donc issu de la conviction qu’il faut assurer les soins en interdisciplinarité. Ma formation personnelle en périnatalité, en particulier avec l’AFREE  (Association française de recherche sur l’enfant et son environnement) m’a confortée dans l’impératif du « penser-travailler ensemble » : obstétrique, pédiatrie, médecine générale, maïeutique, kinésithérapie de la rééducation périnéale, pédopsychiatrie et psychiatrie adulte, psychologie, puériculture…

Enfin nous savons que les maltraitances sont grandement pourvoyeuses de troubles de l’attachement mère-enfant. Vouloir sensibiliser et former les soignants sur le sujet en les aidant à travailler en transversalité, c’est presque l’ambition de contribuer à briser les aspects transgénérationnels des violences, dans une société traversée par la violence au quotidien.

Composition

Conseil d’administration de l’association :

  • Dre Perrine Millet présidente
  • Linette El Houssine-Gueron secrétaire
  • Yvan Malapert trésorier
  • Ben El Houssine

Salariée :

  • Françoise Mar

 

Que faisons-nous ?

Nous avons élaboré, réalisé, coordonné le programme du Diplôme Inter Universitaire Prise en charge des violences faites aux femmes, vers la bientraitance avec le soutien d’un comité de pilotage comportant des soignants des trois universités de Grenoble, de Montpellier et de Paris Descartes et une usagère du système de soins.

En dehors du milieu universitaire, nous préparons également l’organisation de formations et sensibilisations pour un public médical mais aussi pour un public élargi à d’autres professionnels.

 

Nos ressources

Jusqu’à présent l’association finance l’accompagnement de la création du diplôme sur les fonds propres de la présidente : élaboration du programme, choix des intervenants, enregistrements vidéos des cours en ligne, construction du parcours pédagogique, coordination entre les facultés, coordination et secrétariat,communication dans des congrès, diffusions des plaquettes de présentation du diplôme …

Pour pérenniser cette diffusion et formations sur les violences, nous recherchons des mécènes.

Vous voulez nous soutenir : pour obtenir les informations pratiques sur la manière de nous soutenir, merci de nous contacter via le formulaire ci-dessous.