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Témoignages de femmes victimes

leurs parcours psychologiques et médicaux

  • Témoignage de Laure-Anne – Lyon
    Je souhaite remercier votre association un maillon manquant pour l’initiative de création d’une formation pour apprendre aux soignants à être plus dans l’empathie lors de consultations gynécologiques. Si j’avais été dans le profil d’une « soignante », je me serais inscrite sur le champ. Malheureusement, si j’ai été si sensible au sujet, c’est pour une raison différente. J’ai moi-même été confrontée à cette violence (bien involontaire) des soignants, et je pense qu’il manque beaucoup d’empathie et aussi de formation pour que ces professionnels puissent accueillir avec la délicatesse qui s’impose, les patientes qui ont un passé douloureux. Pour ma part, dans le cadre de mon travail, j’ai été victime de harcèlement sexuel et de viols répétés que j’ai fini par dénoncer. J’ai gagné le procès en correctionnelle mais porter plainte fut en soi une épreuve supplémentaire, psychique et, puisque j’ai perdu mon travail. Mon couple et ma famille (j’ai la chance d’être mariée et d’avoir 3 grandes …
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  • Témoignage d’Audrey – Paris
    Les conséquences d’un abus et/ou de la maltraitance diffèrent selon les individus. La question se pose de façon aiguë chez la femme enceinte qui se trouve dans une situation de fragilité affective liée à son état. Je ne peux parler que de mon cas, qui est bien loin de représenter l’ensemble des cas de figure, mais qui, je pense, illustre bien comment bon nombre d’accouchements pourraient se dérouler « normalement » si le personnel soignant avait été mieux préparé à accompagner des personnes comme moi. Pour définir le cadre de l’exemple, je dois préciser que j’ai été abusée par mon père, médecin généraliste, jusqu’à l’âge de trois ans environ, ce dont je n’ai pas de souvenirs directs, mais qui a été avéré par ma mère, infirmière libérale. Parallèlement, la maltraitance s’est traduite, entre autres, par des somnifères à la place du biberon la nuit, un délaissement certaines soirées et le matin, et plus largement, par la place ambiguë que j’occupais qui n’était pas la mienne et que ma …
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  • Témoignage de Sophie – Romans
    Grossesses et accouchements seule, sans le père : Craignant, inconsciemment pour mes enfants que la présence du père soit destructrice, j’ai laissé partir les pères dès les premiers mois de grossesse, au moindre signe de défaillance. Si j’avais rencontré des praticien.es informés et formé.es lors de mes grossesses, la 1ère à 29 ans et la seconde à 36 ans, j’aurais sans doute pu prendre conscience de mon vécu de victime de violences psychologiques, physiques et sexuelles depuis la petite enfance. J’aurais ainsi gagné des années de vie et pu me libérer en partie du poids du handicap qui plombe ma vie physique et mentale. Les occasions ratées ? – En 1981, lors de la préparation à l’accouchement, j’étais seule, personne n’a interrogé les raisons de cette solitude. Difficile et douloureux de faire cette préparation au milieu de couples de parents. – En 1988 on m’a proposé l’haptonomie, qui permettait au papa d’entrer en …
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Témoignages de soignant.e.s

diplômé.e.s du DIU

Tout d’abord une véritable prise de conscience, sous forme de coup de poing, de l’ampleur endémique des violences faites aux femmes en France, leurs conséquences à court et à long terme pour les femmes et leur entourages (dont les enfants). Ensuite, l’importance de la constitution d’un réseau pour un professionnel de santé, apte à recueillir la parole des femmes et dépister les violences dont elles peuvent être sujettes. Pour finir, apprendre que nous ne sommes pas seuls, dans nos petits cabinets, ou dans des grandes maternités, pour proposer des pistes ou une prise en charge aux femmes (kiné, procureur, avocat, psychiatre, pédopsy, psychologue, médecine légale, associations…). Véritablement une formation nécessaire pour tous !

Une sage-femme

Ce DIU a transformée ma carrière médicale entant que médecin-échographiste : Tout patient qui m’arrive est désormais  vu en double , somatique et non somatique !  J’ai tendance à vouloir découvrir l’inconnu chez mon patient surtout quand l’échographie est normale contrastant avec les plaintes  ou s’il y a des lésions corporelles finissantes ou fraîches non expliquées. Ce DIU a ouvert une autre dimension en moi face à mes patientes, un abord multidimensionnel. Bravo aux initiateurs de ce chaînon manquant dans notre cursus  médical.

Un médecin-échographiste

Après un temps de réflexion c’est les mots de Cynthia Fleury qui me viennent. « Ce qui est donc intéressant dans la vulnérabilité en dehors du fait qu’elle est consubstantielle à tout homme et finalement assez peu spécifique, c’est qu’elle invite l’homme à inventer un ethos , à produire un geste plus soucieux de la différence de l’autre : elle fait naître chez nous une préoccupation, une attention, une qualité inédite de présence au monde et aux autres. Elle fait naître chez nous un être, une manière d’être, un style de vie, un autre nous-mêmes. » Pour le dire avec mes mots : votre accompagnement sur la question des violences faites aux femmes m’a permis de me transformer professionnellement notamment dans mes qualités d’écoute et de présence mais également dans mes prises en charge. De trouver ma juste place.

Une gynécologue

Pour moi il y a eu un exercice avant et après le DIU.  Je suis actuellement en mission de santé avec l’ONG Actions Santé Femmes en Guyane. De nombreuses patientes d’origine Haïtienne relatent des histoires de viols collectifs parfois filmés avec chantage à la clef ce qui les amènent à fuir leur pays. Où que nous soyons, les femmes sont amenées à vivre l’horreur des violences. Ce que cela a changé  c’est que je pose la question à toutes les femmes et leur dit que l’on sait que cela peut avoir un impact sur leur  santé. Je rêve d’un monde où les politiques feraient  la priorité des priorités à la prise en charge des violences faites aux femmes et aux enfants, cela résoudrait tellement de problèmes sociétaux. Merci d’être là

Une sage-femme

Pourquoi ? Parce que #metoo ! Parce que les féminicides. Parce qu’un jour, cette patiente entre dans mon bureau et commence à raconter sa vie, ses blessures, son traumatisme. Parce qu’un autre jour, c’est moi qui deviens l’agresseur au cours d’un soin : une césarienne en urgence avec une analgésie insuffisante. Parce qu’un autre jour, c’est mon amie d’enfance qui m’appelle à l’aide : elle va se marier avec celui qui la roue de coups.
Alors je fais avec ce que je sais du syndrome de stress post-traumatique, des abus, du certificat médical initial, j’envoie à la psychologue, je leur parle de porter plainte … Mais j’ai envie d’aller plus loin. Alors je m’inscris au DIPLOME UNIVERSITAIRE de prise en charge des violences faites aux femmes : vers la bientraitance.
2 semaines en 2020, entre grève RATP puis report à cause du COVID.
Le premier jour, on nous prévient : « Attention ! Après ce DIU, vous ne serez plus les mêmes. Vous allez vous prendre une grosse claque ! ». Mais en fait, c’est un euphémisme. Tout y passe : Les statistiques qui donnent le vertige. La culture du viol, la stratégie de l’agresseur, le psychotrauma, les retentissements somatiques. Le consentement. Les violences gynécologiques et obstétricales, les mutilations sexuelles, les viols de guerre, l’inceste. L’officier de police judiciaire, l’avocat, le procureur. L’épidémiologiste, le psychiatre, le kiné, l’association de défense des usagères. La prise en charge : dépistage, questionnement systématique, lien somatique et traumatisme. Aider : associations, judiciarisation, réseau de soignants, EMDR, fasciathérapie. La prise en charge des agresseurs.
Je rentre le soir dans mon airbnb et je pleure…
A côté de ça, je change d’activité. Je finis mon assistanat à l’hôpital pour m’installer en cabinet de gynécologie médicale. Et là, loin du rush de l’hosto, dans mon petit cabinet douillet, je commence à poser la question des violences dans mon anamnèse, à chaque fois. Et en cherchant, je trouve : la carence affective dans l’enfance, les abus sexuels d’un ami de la famille, le harcèlement au travail, le viol conjugal, le viol tout court, l’accouchement traumatique, le malaise d’une patiente devant un gynécologue insistant, les remarques sexistes …
C’est incroyable comme le DU semble me donner une « aura » de bienveillance et comme, chaque jour, ce sont plusieurs patientes qui me confient leurs traumatismes vécus. Les petits signes et les petites attitudes imperceptibles aussi me permettent de poser les bonnes questions qui libèrent la parole. Je suis perplexe face aux changements profonds qu’ont engendré ce DIU sur ma perception des femmes, des victimes, des mécanismes de la violence et surtout sur ma manière de poser les questions et d’essayer d’être bienveillante dans chaque parole et geste en consultation…. Franchement ce n’est pas inné ! J’ai surtout compris que mon rôle de soignante est d’accompagner mes patientes vers là où elles veulent aller et au rythme où elles peuvent aller, de m’occuper de leur santé et de leur corps à leur demande et avec leur accord, à chaque étape et pour chaque geste … De mon premier jour d’interne en gynécologie à ce jour, déjà un petit bout de chemin parcouru et encore une longue route à faire ! Je suis contente d’avoir suivi cette formation au tout début de ma carrière car c’est devenu mon nouveau « code de déontologie ».

Une gynécologue obstétricienne

La formation sur la prise en charge des violences faites aux femmes vers la bien-traitance m’a permis de rouvrir les yeux sur ce qu’est mon métier. Prendre soin, réellement soin des patientes que je côtoie, ouvrir grand les yeux et les oreilles pour dépister et accompagner les femmes pour qui il n’est pas toujours facile de se dévoiler. Leur faire confiance pour qu’elles nous fassent confiance, à nous les soignants. Pas de jugement, pas d’à priori, juste une écoute sincère et une formation sur laquelle s’appuyer pour se sentir plus « forte » pour les accompagner. Merci d’avoir fait de moi je l’espère une meilleure sage-femme.

Une sage-femme

La formation m’a permis de mesurer l’impact colossal que les violences ont sur la santé des femmes et que le dépistage des violences et la prise en charge des victimes constituent un enjeu de santé public majeur, pour lequel nous avons un rôle de première importance.

Une médecin généraliste

Dire que je pensais n’entendre parler que de la violence des hommes !
il y a une dizaine d’années j’ai suivi un DU  de psychosomatique en gynécologie. C’était très enrichissant mais je m’aperçois maintenant que la violence faite aux femmes n’a même pas été abordée ! Par contre cela m’a ouvert à plein de chose : conseil conjugal, thérapie de couple, sexologie, hypnose, TCC, EMDR….
Au cours des dernières années, des femmes m’ont confié des violences subies : viol sous emprise de drogue à 18 ans suivi d’une grossesse et d’un IVG, violences conjugales physiques et psychologiques… Un homme aussi s’est confié à moi. La proposition du DIU est arrivée dans ce contexte à point nommé ! Dire que je pensais n’y entendre parler que de la violence des hommes. On ne sort pas « indemne » de cet enseignement du DIU ! Ce qui m’a le plus secouée, c’est la violence des soignants ! La nôtre ! Je pensais n’entendre parler que des hommes violents…
Maintenant il faut s’approprier toutes ces découvertes, faire son réseau, EN PARLER autour de soi et surtout LAISSER PARLER les femmes et les accompagner au mieux. Vaste programme.

Une médecin généraliste

Tu as besoin d’un DIU pour ça ?
Faire de l’humanitaire bien sûr, c’est une envie de longue date. Mais en fait il y a déjà tellement de choses à faire en France, juste là à côté de chez nous.
Je me suis donc retrouvée avec quarante-six autres soignants sur la même thématique. Cela me motive, me fait du bien, me donne confiance, face aux  » réflexions » de certaines de mes collègues :  » Mais ? Tu as besoin d’un DIU pour ça ? »  « Oh tu sais, c’est vraiment beaucoup de travail ce sujet-là, moi je ne pose pas la question des violences parce que de toute façon qu’est ce qu’on peut faire ?

Une sage-femme hospitalière

Enfin on brise les tabous.
Je suis sage-femme et  travaille en psychiatrie. Je vois toutes les femmes qui passent dans les centres experts schizophrénie et Asperger adultes, pour faire le point sur leurs antécédents gynéco et obstétricaux, si elles ont un suivi, le désir d’enfant et bien sûr les antécédents de violence (merci mille fois Perrine d’avoir créé ce DIU). Nous avons évalué les besoins des femmes et créé notre groupe de prévention des violences chez les femmes avec syndrome d’Asperger (SA). Ces dernières étaient au nombre de 7… et 6 d’entre elles avaient subi des violences sexuelles.
Sur 4 femmes avec troubles de personnalité borderline, toutes avaient subi des violences ! Voilà mon quotidien. Je suis davantage surprise quand on me répond « non » à la question des violences que quand j’ai un oui !
Il faut se battre en psychiatrie pour aborder la maternité, donc je ne vous parle même pas des violences faites aux femmes ! J’en profite pour faire passer un message : ATTENTION A LA STIGMATISATION des personnes avec troubles psychiques ! Ce sont des personnes vulnérables. La 1ère cause de mortalité chez ces personnes (tout sexe confondu) est le suicide. Seules 10%  de ces personnes sont violentes envers les autres. Protégez ces femmes qui viennent accoucher dans vos maternités. Elles ont souvent une force incroyable et ont souvent vécu des choses terribles.
Enfin avec ce DIU on s’y met, enfin on brise les tabous. Que j’ai honte de ne jamais avoir posé la question avant. Pourquoi la question n’est pas abordée dans les écoles de sages-femmes ?

Une sage-femme

Maltraitance pendant mes études
Pendant la dernière année de mon internat, j’ai subi du harcèlement moral de la part de chefs de service de ma formation d’urgentiste et d’un médecin de mon terrain de stage en réanimation.Cette histoire personnelle m’a ouvert les yeux sur l’absurdité des inégalités hommes/femmes.
Je suis heureuse d’avoir participé à cette première formation ! Dans un cadre universitaire, la réalité des soins est dite sans tabous ; cela permet une mise en perspective de l’apprentissage médical, la reconnaissance de la maltraitance envers les patient.e.s (vue et malheureusement reproduite pendant ma formation) et la découverte de nombreuses clés pour continuer à travailler avec un nouveau regard.

Une médecin généraliste

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Géolocalisation diplômé.e.s universitaires

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Intervention du Dr Mukwege dans le diplôme

L’emprise en chanson

La claque par Chloé Birds