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Témoignages

Témoignage de Laure-Anne – Lyon

Je souhaite remercier votre association un maillon manquant pour l’initiative de création d’une formation pour apprendre aux soignants à être plus dans l’empathie lors de consultations gynécologiques. Si j’avais été dans le profil d’une « soignante », je me serais inscrite sur le champ.
Malheureusement, si j’ai été si sensible au sujet, c’est pour une raison différente. J’ai moi-même été confrontée à cette violence (bien involontaire) des soignants, et je pense qu’il manque beaucoup d’empathie et aussi de formation pour que ces professionnels puissent accueillir avec la délicatesse qui s’impose, les patientes qui ont un passé douloureux.
Pour ma part, dans le cadre de mon travail, j’ai été victime de harcèlement sexuel et de viols répétés que j’ai fini par dénoncer. J’ai gagné le procès en correctionnelle mais porter plainte fut en soi une épreuve supplémentaire, psychique et, puisque j’ai perdu mon travail. Mon couple et ma famille (j’ai la chance d’être mariée et d’avoir 3 grandes filles) ont aussi été ébranlés.
Au beau milieu de cette tourmente, j’ai découvert que j’avais de multiples fibromes utérins. L’examen chez une gynécologue, dans la position allongée sur le dos et les pieds sur les étriers est déjà pour moi déstabilisante. Par ailleurs, toute consultation pour un problème de santé peut par nature être « anxiogène ».
Quand j’ai été en pleurs, elle n’a pas su quoi dire… ni faire… Pourtant cette gynécologue est une amie à qui j’avais confié mes soucis lors d’un repas entre amis ! Comment cela se fait-il que dans le cadre de son activité professionnelle, elle n’ait fait aucun lien entre mon malaise et mes souffrances passées ? Et qu’elle n’ait pas su quoi faire, sauf ignorer le malaise ? Je ne veux pas la blâmer, mais je m’interroge sur la formation reçue par le personnel médical…
Par ailleurs, dans la salle d’attente, aucune documentation sur les associations d’aide aux victimes de violences sexuelles… Alors que ce serait peut être un lieu approprié !
Dans un deuxième temps j’ai dû subir chez un gynécologue hospitalier une hystérosonographie. Cet examen avec intrusion de matériel dans le vagin, m’a été très pénible. Là encore, j’ai éclaté en sanglots… Mais aucune réaction de ce médecin ni de l’infirmière qui l’assistait. Puis je me suis efforcée de prendre la parole, en disant : « j’ai été victime de viols … cela explique ma réaction »… Là encore, personne n’a réagi. Comme si je n’avais rien dit… Ce fut d’une violence extrême pour moi. Je n’attendais rien d’extraordinaire, juste un peu de compassion, une main qui prendrait ma main, une parole de réconfort, … un sourire, …
Evoquer cela m’est encore douloureux.
Mais comment les gynécologues peuvent- ils à ce point ignorer les violences sexuelles que tant de femmes subissent ! Les violences faites aux femmes sont tues dans notre société. Et si enfin elles arrivent à se dire, elles ne trouvent pas en face l’écoute nécessaire. Se heurter à un silence gêné, dans le cadre d’une consultation gynécologique, donc par définition qui touche à l’intimité de la femme, est très déroutant.
Donc oui, il y a un maillon manquant dans le soin apporté aux femmes. Oui, il faut apprendre au personnel soignant à accueillir les confidences de maltraitance, les allusions aux violences subies.
Merci pour votre action. Merci pour votre écoute de ce témoignage qu’il était important pour moi de vous livrer.

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